
Dans un pays où la violence armée bouleverse le quotidien de milliers de familles, le Fonds National de l’Éducation (FNE) tente de maintenir le droit fondamental à l’instruction.
Confronté à une explosion des déplacements internes, l’organisme public a lancé, entre mai et juin 2025, une opération nationale de recensement des enfants vivant dans les camps de déplacés et les zones fortement touchées par la crise.Objectif : identifier les enfants en rupture scolaire, évaluer les capacités d’accueil des écoles relocalisées et proposer des solutions concrètes à court terme.
Cette initiative marque une volonté claire du FNE de ne pas laisser l’instabilité anéantir des années d’efforts en matière d’éducation.Le rapport de cadrage publié en amont de l’opération définit les lignes directrices de l’intervention.
Il s’agit d’un outil stratégique essentiel, qui encadre les actions sur le terrain, les profils ciblés, les objectifs, les outils de collecte et les mécanismes de coordination interinstitutionnelle. Il met également en lumière les risques liés au contexte et les mesures d’atténuation nécessaires.
Les chiffres révélés par le rapport final sont alarmants. Dans six camps (OPC, MTPTC, Équateur, MAST, EMPLD, Tourterelle), 1 078 personnes ont été recensées, dont 748 enfants de six ans et plus, avec un taux de déscolarisation atteignant 87,7 %. Par ailleurs, 330 enfants de moins de six ans ont été recensés sans aucune forme d’accès à l’éducation préscolaire.
Dans 77 % des cas, les familles vivent dans ces conditions depuis plus de sept mois. Le FNE recommande l’implantation urgente de structures éducatives temporaires dans les camps.En parallèle, une autre enquête menée par le Programme d’Appui à l’Éducation des Familles (PAEF) a élargi l’évaluation à l’échelle nationale.
Elle a permis d’identifier 6 244 familles déplacées dans 65 communes, représentant 14 736 enfants en âge scolaire. Grâce à cette initiative, 2 149 familles jugées prioritaires ont reçu une aide financière de 37 000 gourdes chacune, pour un total de 79,5 millions de gourdes distribués. 73 écoles relocalisées ont également été soutenues, recevant une enveloppe de plus de 18 millions de gourdes, pour accompagner 8 734 élèves et 1 390 enseignants.
En ces temps troublés, l’intervention du FNE s’impose comme un exemple d’action publique structurée dans l’urgence. Au-delà des chiffres, elle trace une voie : celle d’un engagement envers les enfants les plus vulnérables, pour que l’éducation demeure, envers et contre tout, un pilier de résilience nationale.
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