Wednesday, September 9

Mission ratée : Fils Aimé revient les mains vides

Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils Aimé, a regagné Port-au-Prince après une semaine passée aux États-Unis, une visite qui devait marquer un tournant diplomatique pour Haïti. Mais à l’arrivée, c’est un goût amer d’échec qui domine. Ni soutien concret, ni reconnaissance politique, ni engagement sécuritaire.

Washington n’a offert qu’un silence poli.Annoncée comme une mission diplomatique cruciale, la tournée du Premier ministre a rapidement perdu de sa crédibilité. Aucun haut responsable américain ne s’est entretenu avec lui. Pas de rencontre avec le Secrétaire d’État, pas de passage au Congrès, même pas une conférence de presse commune. Une absence d’intérêt qui en dit long sur le niveau d’estime – ou plutôt de méfiance – que les États-Unis réservent au leadership actuel d’Haïti.

Sur le plan sécuritaire, là où les attentes étaient les plus élevées, le constat est brutal : aucune aide immédiate, aucun plan d’urgence, aucun renfort promis pour faire face à l’emprise grandissante des gangs. L’administration américaine s’est contentée de discussions générales, sans débouchés clairs. Une posture jugée insensible face à l’urgence haïtienne.

Quant aux enjeux politiques, même dédain. Aucun signal fort n’a été donné en faveur du processus de transition ou du soutien à l’organisation d’élections crédibles.

En coulisse, certains observateurs parlent d’un réel désintérêt de Washington pour un gouvernement provisoire jugé faible et sans vision.Au final, ce voyage n’aura été qu’une démonstration du vide diplomatique dans lequel Haïti est plongée. Et pour Alix Didier Fils Aimé, un douloureux rappel : l’international ne sauvera pas un pouvoir qui peine à inspirer confiance, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays.


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