
PORT-AU-PRINCE, le 19 octobre 2026 — Faire de la production locale et des exportations des moteurs de la prospérité nationale : c’est l’une des orientations défendues par l’ancien président haïtien Jocelerme Privert dans son projet politique « Haïti Transformé ». Alors que le pays fait face à une crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire persistante, cette vision met l’accent sur la nécessité de renforcer les capacités productives d’Haïti et de créer les conditions d’une économie plus résiliente.
Dans sa présentation, Jocelerme Privert défend une conception du développement qui ne se limite pas au rétablissement de l’ordre public. Il estime que la transformation du pays doit également reposer sur la capacité de l’État à favoriser la production nationale, à soutenir les activités économiques et à ouvrir de nouvelles perspectives commerciales aux producteurs haïtiens. Le développement des exportations figure ainsi parmi les objectifs qu’il associe à la recherche d’une prospérité accessible à l’ensemble des citoyens.Cette orientation intervient dans un contexte où l’insécurité perturbe la circulation des marchandises, fragilise les entreprises et réduit les possibilités d’activité dans plusieurs régions.
Pour qu’une stratégie de relance productive puisse porter ses fruits, le rétablissement de la sécurité demeure donc une condition essentielle. Les producteurs doivent pouvoir accéder aux marchés, les transporteurs circuler sans entraves et les entreprises fonctionner dans un environnement suffisamment stable pour investir et créer des emplois.Le projet « Haïti Transformé » associe également cette ambition économique à une conception plus solidaire de l’action publique.
Les difficultés auxquelles sont confrontées les familles déplacées, les personnes en situation d’insécurité alimentaire et les populations privées de services essentiels rappellent que la relance ne peut être dissociée des besoins sociaux. La création d’activités productives et l’amélioration des conditions de vie constituent, dans cette perspective, deux dimensions complémentaires du redressement national.Jocelerme Privert inscrit par ailleurs cette orientation dans une réflexion plus large sur la gouvernance.
À ses yeux, la capacité de l’État à impulser le développement dépend aussi de la solidité des institutions et de leur légitimité démocratique. Une administration capable d’assurer la continuité des politiques publiques, de mobiliser les ressources et d’accompagner les acteurs économiques apparaît ainsi comme un élément central de sa vision.Pour défendre sa capacité à porter ce projet, l’ancien président s’appuie sur ses 35 années de service public.
Il met notamment en avant son passage à la Direction générale des impôts, ses responsabilités ministérielles, son expérience parlementaire et son accession à la présidence de la République. Ce parcours constitue l’un des principaux arguments qu’il avance pour soutenir sa connaissance des mécanismes administratifs et financiers de l’État.
Toutefois, l’ambition de renforcer la production nationale soulève des questions déterminantes pour l’avenir du programme. Les secteurs économiques qui bénéficieront d’un soutien prioritaire, les mécanismes de financement, les mesures destinées à encourager l’investissement et les dispositifs d’accompagnement des producteurs restent à préciser. La capacité à transformer les orientations générales en politiques publiques opérationnelles sera essentielle pour apprécier la portée de cette proposition.
En plaçant la production locale et les exportations parmi les axes de « Haïti Transformé », Jocelerme Privert met en avant une dimension économique de la sortie de crise souvent éclipsée par l’urgence sécuritaire. Son projet entend faire du redressement productif un levier de prospérité nationale.
Sa concrétisation dépendra néanmoins de la capacité à créer un environnement sécurisé, à renforcer les institutions et à définir des instruments économiques adaptés aux réalités haïtiennes.
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