Monday, June 8

Un 17 octobre sans âme : le gouvernement enterre la mémoire de Dessalines

Pendant que le pays sombre dans le désordre, le pouvoir en place s’apprête à commémorer l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines loin du peuple, loin de l’histoire. Cette année encore, aucune cérémonie ne sera organisée ni au Pont-Rouge, ni à Marchand-Dessalines, ni même au MUPANAH, ces lieux chargés de mémoire où l’esprit de l’Empereur plane encore.

À la place, le gouvernement se contentera d’une cérémonie de façade à la Villa d’Accueil, soigneusement verrouillée, réservée à quelques fonctionnaires et diplomates triés sur le volet. Une commémoration aseptisée, dénuée de ferveur, sans le moindre contact avec la nation que Dessalines a libérée au prix de son sang.

Cette mise à l’écart des lieux historiques n’est pas anodine. Elle illustre l’amnésie d’un État qui ne croit plus à ses symboles, un pouvoir qui préfère le confort du protocole à la chaleur du peuple. En refusant de se rendre là où Dessalines a été trahi, les dirigeants d’aujourd’hui trahissent à leur tour son héritage.

Car honorer Dessalines, ce n’est pas déposer des fleurs devant des caméras. C’est défendre la justice, l’égalité, la souveraineté. C’est gouverner avec courage, droiture et vision. Or, ce que montre cette énième commémoration sans âme, c’est qu’Haïti a des dirigeants sans mémoire, sans conviction et sans respect pour la grandeur de son histoire.

Ce 17 octobre, pendant que les officiels prononceront des discours convenus dans une salle climatisée, le peuple, lui, saura que Dessalines est mort une seconde fois : assassiné par l’indifférence.