
Le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dresse un tableau effrayant de la situation en Haïti. Entre le 1er janvier et le 30 mai 2025, pas moins de 2 680 personnes ont été tuées, soit plus de 500 victimes par mois, dans une spirale de violences qui semble désormais totalement hors de contrôle.
Ces décès sont majoritairement liés à des affrontements entre gangs, qui se livrent une guerre brutale pour le contrôle du territoire et des réseaux économiques informels. Mais le rapport évoque également des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des violences sexuelles systématiques, ainsi que des attaques ciblées contre des civils. Les quartiers populaires de la capitale — Cité Soleil, Carrefour, Martissant, Croix-des-Bouquets — restent les plus exposés, mais la violence s’est désormais infiltrée dans des zones autrefois épargnées.
Outre les morts, ce sont des dizaines de milliers de déplacés qui errent à travers le pays, chassés de chez eux par les combats ou les menaces de mort. Regroupés dans des abris improvisés, souvent sans accès à l’eau potable ni soins médicaux, ces familles sombrent dans une précarité extrême. Le Haut-Commissariat dénonce l’inaction flagrante des autorités haïtiennes et critique sévèrement la communauté internationale, coupable selon lui d’avoir détourné le regard alors que le pays plonge dans le chaos.
Dans ce contexte de désespoir, les Haïtiens vivent chaque jour avec l’angoisse d’être la prochaine cible d’un groupe armé. La vie quotidienne se réduit à un exercice de survie, tandis que les institutions semblent paralysées ou complices. L’ONU appelle une fois de plus à une mobilisation urgente, avertissant que sans réponse rapide et coordonnée, Haïti court droit vers l’effondrement total de son ordre social.
