
À Solino, Nazon et Delmas 30, les rues autrefois animées ressemblent aujourd’hui à des zones sinistrées. Après des mois de violence et d’affrontements entre gangs armés, certains habitants, poussés par la nécessité, tentent de revenir dans leurs quartiers. Leurs pas hésitants trahissent la peur : la police a prévenu que la sécurité n’était pas encore assurée et que les risques d’attaques demeuraient élevés.
Malgré tout, de nombreuses familles n’ont plus le choix. Hébergées temporairement chez des proches ou dans des abris de fortune, elles retournent vers ce qui fut leur maison, espérant y retrouver un peu de stabilité. Mais le choc est souvent brutal. Les habitations portent les stigmates des incendies, des pillages et des balles. « Je croyais au moins retrouver quelques affaires, mais il ne reste rien », souffle un père de famille, devant les murs noircis de sa maison à Nazon.
À Delmas 30, une mère avance parmi les décombres en serrant la main de son fils. Elle montre l’endroit où se trouvait sa chambre : un tas de gravats. Pour elle, le retour est à la fois un acte de courage et de désespoir. « Je préfère dormir sous ces ruines que d’errer encore sans repère », dit-elle d’une voix résignée.
Ces retours précipités témoignent d’un profond sentiment d’abandon. Alors que les autorités promettent de « rétablir l’ordre », la population vit avec l’impression que l’État est absent. Les patrouilles policières sont sporadiques, et les gangs demeurent une menace omniprésente. Entre espoir et désillusion, les familles tentent de reconstruire une vie sur des ruines, conscientes que la paix reste fragile et incertaine.
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