
Ce jeudi matin, le gouvernement haïtien a adopté un budget de 345 milliards de gourdes pour l’exercice 2025–2026, officiellement centré sur la sécurité, l’éducation et l’organisation des élections. Pourtant, derrière les annonces, se dessine une contradiction préoccupante.
Si l’éducation reçoit 17 % du budget, la sécurité, pourtant présentée comme une priorité nationale cruciale face à une insécurité galopante, ne bénéficie que de 13 %. Les élections, autre axe majeur, ne représentent que 2,9 % de l’enveloppe totale. Comment peut-on envisager de garantir la tenue d’élections libres et sécurisées dans un pays où les gangs continuent de dicter la loi, alors que les moyens alloués à la sécurité restent largement insuffisants ?
Le budget prévoit également que 70 % des ressources proviendront des administrations fiscales et douanières, une promesse ambitieuse dans un contexte économique fragile et une administration souvent critiquée pour son inefficacité.
Cette répartition soulève de sérieuses questions sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre ses propres priorités. Peut-on réellement organiser des élections crédibles sans assurer au préalable un minimum de sécurité pour les citoyens et les acteurs politiques ? La cohérence entre discours et action semble ici particulièrement fragile.
Alors que le pays traverse une crise sécuritaire majeure, l’adoption de ce budget pourrait bien rester un simple exercice de communication, si les moyens effectifs pour protéger la population et garantir des élections sûres ne sont pas renforcés.
