Wednesday, June 10

Haïti : 1,3 million de vies déracinées, un pays qui saigne dans le silence

Le dernier rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait l’effet d’un coup de tonnerre : 1,3 million d’Haïtiens sont aujourd’hui déplacés à l’intérieur de leur propre pays, fuyant les balles, les incendies et les exactions des gangs. En l’espace de six mois, c’est une augmentation alarmante de 24 %.

Ce chiffre dépasse celui de nombreux pays en guerre ouverte. Mais ici, il n’y a ni bombardements aériens ni tranchées : seulement des familles, arrachées à leur quotidien par des hommes en armes, face à un État qui n’a plus les moyens – ni parfois la volonté – de protéger.

Les images venues de Carrefour, de Tabarre, de Solino ou encore du Bas-Artibonite sont insoutenables : femmes enceintes dormant sur des cartons, enfants affamés sans accès à l’école, personnes âgées abandonnées dans des camps improvisés, sans soins ni dignité.

Pendant ce temps, les autorités temporisent, les promesses s’accumulent, et les convois humanitaires ne suffisent plus. Une catastrophe humaine se joue sous les yeux de la communauté internationale, qui observe, compte, finance à distance, mais tarde à agir sur les causes.